La délivrance

La délivrance

Deux ans après ma décision de me reconvertir professionnellement, je peux ENFIN fièrement vous dire que je suis sur le point d’être professeur des écoles titulaire!

L’an dernier, j’avais mis toutes les chances de mon côté pour réussir le concours

Depuis septembre, je suis la maîtresse à mi-temps de trente petits de 3 ans (oui, ils sont presque tous de fin d’année!).

J’ai essuyé leurs larmes, réconforté, bordé pour la sieste, mouché leurs nez morveux, écouté, complimenté sur les belles robes ou les bottes de pluie Elsa des filles. Je me suis enthousiasmée devant les imitations de super-héros des garçons. MAIS surtout j’ai pu apprécié avec bonheur leurs progrès en langage, en dessin, en mathématiques!

Les premiers mois n’ont pas été faciles. Heureusement, j’ai eu plaisir à entendre maintes fois que la classe de petite section étant la plus difficile, je n’aurai aucun mal par la suite avec une classe de CM2! (oui un professeur des écoles est capable d’enseigner auprès d’enfants de 2 à 10 ans)

A côté de ma vie d’enseignante, j’avais ma vie d’étudiante (et je ne parle pas de ma vie de famille!). A 33 ans, je me suis retrouvée à valider un Master d’enseignement pour pouvoir être titularisée! Autrement dit, devoirs sur table, devoirs maison, et mémoire de fin d’année…

Je ne vais pas vous mentir, cette année de formation est compliquée, surtout lorsque l’on est maman. Je n’ai jamais eu l’esprit serein, à jongler entre ma classe (et les six visites!) et la fac. J’ai passé mes dimanches à bosser, mes vacances avec mes cahiers. J’étais au bout du rouleau au mois de mai. Mon homme et mes enfants ont dû suivre le rythme. 

– Je ne parle même pas du blog (qui fête ses 3 ans, youhouhou) que j’ai laissé de côté – 

Je suis depuis une semaine en pleine crise de procrastination, et après tout, je n’ai aucune raison de culpabiliser! Je profite de ma réussite!

Et me voilà instit’! { tout savoir pour se reconvertir }

institutrice

Voilà déjà plusieurs semaines que j’ai appris la nouvelle.

J’ai réussi le concours de Professeur des Ecoles, le CRPE comme on l’appelle. En plus, j’ai eu un super classement qui me permet d’enseigner dans mon département.

La joie a laissé depuis place aux inquiétudes. Comment vais-je arriver à gérer ma classe à la rentrée? Par quoi vais-je commencer? Vont-ils devoir m’appeler « Maîtresse », « Madame »? J’ai plein de questions qui me viennent en tête, mais le but de ce billet n’est pas de vous les énumérer. 

Je fais maintenant partie de la Grande Famille de l’Education Nationale, et mes nouveaux collègues m’ont déjà prévenue, il va me falloir être patiente vis à vis de cette administration. Changement d’affectation en l’espace de deux semaines, pas d’indication de niveau de classe… bref je dois faire avec. Ma 1ère rentrée des classes se fera sans parachute.

Depuis la grande nouvelle, plusieurs personnes m’ont contacté et m’ont fait part de leur désir de se reconvertir eux aussi. Il me paraît donc intéressant de vous donner un avant-goût de mon année de préparation pour le concours sous forme d’interview by myself…

Mais que faisais-tu donc avant tout ça?

J’ai travaillé plusieurs années en tant que conseillère voyage spécialiste sur les Amériques et puis passé un peu plus de 3 ans à m’occuper de mes loulous.

Quand as-tu décidé d’être maîtresse?

Cela fait déjà plusieurs années que l’idée me trotte dans la tête. Le concours me faisait très peur, je ne m’en sentais pas capable. Je me suis inscrite il y a 8 ans, mais je ne suis pas arrivée à travailler avec mon taf à côté. Et je pense aussi que je manquai beaucoup de motivation. J’ai voulu retenter le concours quelques années après, mais je n’ai pas eu le courage, encore une fois.

J’ai eu mes enfants et mon projet de vie a changé. Je me voyais vraiment travailler dans le domaine de l’Enfance. L’été dernier, j’ai pris la décision de m’inscrire au concours et de le travailler d’arrache-pied.

Quelles conditions sont requises pour passer le concours?

2 choix s’offrent aux candidats (il y a aussi des concours internes dont je ne parlerais pas ici):

– le concours externe accessible aux titulaires d’un bac+4, aux mères et pères de 3 enfants ou aux sportifs de haut niveau

– le 3ème concours accessible aux personnes qui justifient d’une expérience d’au moins 5 ans dans le secteur privé

Est-ce que je serais professeur des écoles, une fois le concours en poche?

Et non malheureusement…

Il y a quelques années, c’était le cas. La formation a changé. Maintenant, une fois le concours réussi, tu es professeur des écoles STAGIAIRE (PES). Tu dois valider ton Master 2 d’enseignement à la fac et faire un mi-temps en tant qu’enseignant (pour les titulaires de bac+5, mère/père de 3 enfants le parcours à la fac est allégé, sans validation du M2) avant d’être titularisé. 

Contrairement à ce que beaucoup de personnes pensent, c’est difficile de devenir instit…

Oui, ce n’est pas du tout évident. Le concours est loin d’être facile, et l’année qui suit est ultra ultra chargée (j’angoisse terriblement à l’idée de ne plus pouvoir m’occuper correctement de mes loulous).

As-tu suivi une formation pour t’aider dans la préparation du concours?

Heureusement!! Cela m’a été d’une très grande aide. J’ai choisi de suivre les cours en ligne de l’Institut d’aide aux concours ISAC. J’ai été suivie par des enseignants très compétents, j’avais des cours en visioconférence en groupe puis en individuel. Je me suis fait des amies, on s’est soutenue pendant toute l’année. C’est vraiment primordial d’être en contact avec d’autres personnes qui passent le concours.

Bien sûr, une formation coûte assez chère. Mais, on peut la payer en plusieurs fois. Après, si vraiment le budget ne suit pas, il faut s’aider des livres que l’on trouve dans le commerce (et pourquoi pas prendre des cours de maths avec un prof particulier).

Combien de temps as-tu consacré à cette préparation?

J’ai commencé en septembre. Je ne travaillais pas, donc je révisais tous les jours. Dans l’idéal, il faut pouvoir y consacrer au minimum 3h par jour.

Grâce à ma formation, j’ai dû faire beaucoup de devoirs. L’entrainement est essentiel dans la réussite du concours. Imagine-toi arriver le jour J sans avoir jamais rédiger une seule fois sur plusieurs mois…

J’ai dû passer mes week-ends aussi à regarder mes leçons. C’est très difficile moralement lorsque l’on a des enfants.

Quelles matières doit-on travailler?

Pour l’écrit, il y a une épreuve de mathématiques et une de français. Tu dois connaître le programme de maths jusqu’à la Seconde, réviser toute la Grammaire, te familiariser avec la pédagogie dans ces deux matières (maternelle et élémentaire). 

Une fois l’écrit réussi, il y a l’oral avec une séquence à préparer en amont et à présenter au jury, un entretien sur l’EPS, et sur une mise en situation professionnelle (et toutes les questions sur la laïcité, le handicap, la violence etc). Tout le détail est ici.

En somme, il y a énormément de choses à découvrir et apprendre.

Et si je suis nul(le) en maths?

Hé hé, justement c’était mon cas! Pas que je sois devenue super bonne, hein! Mais, je me suis plutôt pas trop mal débrouillée car j’ai eu 9,5/20 (au collège, ma moyenne était très basse, genre 5). Encore une fois, je plébiscite la formation. Elle permet de revoir tout le programme tout en étant accompagné par un prof.

Un conseil à donner à tous ceux qui souhaitent tenter l’aventure?

Être motivé. L’essentiel de la réussite au concours tient à cette motivation. Il ne faut pas baisser les bras. Il faut s’attendre à avoir de gros coups de mou, à être démoralisé. C’est normal, ce concours engendre beaucoup de travail et de stress.

Si tu rêves d’enseigner, d’accompagner les enfants sur le chemin de la vie, alors fonce! Et quelle fierté une fois le concours réussi… (surtout dans le regard de tes enfants)

Alors, lecteur(-trice),

es-tu toi aussi tenté(e) par cette reconversion ?